Fils de Léonard et de Geneviève Humbrecht, Olivier a hérité de ses parents à la fois la taille physique et la passion des terroirs. De quoi avancer à pas de géant vers le succès.
Après de brillantes études d'ingénieur et l'obtention, en 1988, du premier diplôme de« Master of Wine » décerné à un Français, Olivier Humbrecht est revenu au domaine familial. Il vient de signer, avec le millésime 2008, sa vingtième vendange. En 2006, le magazine américain Wine Spectator lui a décerné le titre envié de« Winemaker of the Year », le meilleur vinificateur mondial de l'année. En toute simplicité.
Le domaine Zind-Humbrecht a été fondé en 1959 par fusion de deux exploitations : Humbrecht, viticulteur à Gueberschwihr, et Zind, producteur à Wintzenheim, qui sera longtemps le siège de l'exploitation. Géant au sens propre comme au sens figuré de la viticulture, Léonard Humbrecht, le père d'Olivier, a été l'un des premiers à avoir cru aux terroirs, et il a pu en acquérir quelques fleurons à un moment où peu étaient intéressés par le sujet en Alsace.
Le domaine possède aujourd'hui une quarantaine d'hectares de vignes, répartis sur cinq communes. Si sa formation d'ingénieur lui a donné une approche rationnelle des problèmes de la vigne, Olivier Humbrecht n'a pas hésité, en 1997, à emprunter les voies complexes de la biodynamie... Avec succès. En débutant par les parcelles les plus déli cates, il a constaté, avec pragmatisme, tout un ensemble de signes positifs qui ne trompent pas : des fermentations plus vigoureuses, des levures mieux préservées sur les raisins, des vins plus stables. Ces résultats l'ont convaincu de transformer tout le domaine en biodynamie, secteur dont il est aujourd'hui un des hérauts. Le domaine est d'ailleurs certifié Biodyvin depuis 2002.
Cependant, il n'y a pas de miracle. Le rendement moyen du domaine sur dix ans est de 35 hectolitres par hectare, ce qui donne environ 180 000 à 200 000 bouteilles pro duites dans les styles les plus divers. Pour en faciliter la lecture, il a proposé une classification des vins selon cinq niveaux :
1. Vin techniquement sec (6 g de sucre/l).
2. Vin pas techniquement sec, mais les sucres n'apparaissent pas de manière évidente au palais. Certains dégustateurs peuvent trouver une certaine rondeur en fin de bouche.
3. Vin à sucrosité moyenne, plus importante dans la jeunesse du vin, mais qui s'estompera progressivement avec l'âge.
4. Vin moelleux.
5. Vin moelleux très proche d'une vendange tardive.
Un astucieux système qui mériterait d'être généralisé pour sortir enfin les vins d'Alsace de l'ornière de la sucrosité.