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  27/09/2009 - Gilbert Perrier : "Il faut redonner le goût du vin de Savoie aux Savoyards"

Dans une semaine environ, les vendanges s'achèveront en Savoie. Gilbert Perrier, président du comité interprofessionnel des vins de Savoie (CIVS), est aussi le plus gros viticulteur de Savoie, à la fois producteur et négociant-éleveur. Il est dans le vin comme avant lui son père, âgé aujourd'hui de 90 ans, et ses fils qui ont pris la relève.
Vous annonciez, avant les vendanges, une très bonne année 2009. Cette impression est-elle confirmée ?

« L'année 2009 sera exceptionnelle. Les vignerons ont souvent l'habitude de dire que chaque année est très bonne mais là, je pèse mes mots et j'affirme que ce cru 2009 sera exceptionnel. Je n'ai, personnellement, jamais vécu une si bonne année et mon père, qui a 90 ans, m'a confié qu'il n'avait jamais vu ça non plus. »
Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?

« Les conditions météorologiques ont été parfaites. Le printemps a été superbe avec une belle fleur. L'été a été très chaud avec juste ce qu'il faut d'eau lors d'orages raisonnables. Le raisin est magnifique, il est arrivé à une maturité extrême sans subir ni la sécheresse ni la maladie. »
On peut s'attendre à une année supérieure à 2003 ?

« Oui, car en 2003 nous avions vécu une période de canicule. L'année 2009 a été plus équilibrée, plus régulière ce qui va nous donner des vins hauts en degrés dans tous les secteurs mais avec des acidités normales. On a ainsi, avant vinification, des chardonnay à 13-14 degrés, des roussette à 13, des mondeuse à 12-12,5, des bergeron à 13-13,5... On n'a jamais connu cela en Savoie. »
Est-ce que ces vins pourront être gardés plus longtemps que d'habitude ?

« Les vins de Savoie ne sont généralement pas des vins de garde. Il faut les boire dans les trois à quatre ans. Cela dit, on a parfois de très bonnes surprises et j'ai des expériences de mondeuse remarquables après dix ans. On sera cette année dans ce cas de figure avec ce cru 2009.

La mondeuse qui a longtemps été considérée, à juste titre, comme un vin âpre est aujourd'hui fruitée élégante et peut prétendre à se retrouver sur les plus grandes tables internationales. »
Qu'est-ce qui manque alors aujourd'hui aux vins de Savoie pour jouer dans la cour des grands ?

« Il faut travailler la promotion et redonner en premier lieu le goût du vin de Savoie aux Savoyards. Si nos ventes baissent chaque année, c'est que nous ne sommes pas toujours assez exigeants avec nous-mêmes. Le rôle du CIVS est justement de sensibiliser les producteurs et les négociants sur la nécessité de proposer des vins de qualité. »
Certains n'hésitent pas à dire que les vins de Savoie sont trop chers. C'est vrai ?

« Quand je vois des vins de Savoie à moins de 2 € et d'autres à 8 €, je comprends que le consommateur ait du mal à s'y retrouver. Si on trouve une mondeuse à 4,50 € moins bonne qu'un vin du Languedoc à 3,50 €, on a l'air malin...

Le vrai problème c'est l'ajustement entre le prix et la qualité. Le vin n'est pas un produit de nécessité. On peut s'en passer. Alors dans un contexte économique difficile, on n'a pas le droit de vendre n'importe quoi.
Pensez-vous que la profession est menacée ?

En 15 ans, le nombre de producteurs a baissé de moitié. On compte aujourd'hui 600 producteurs en Savoie, dont la moitié en caves coopératives. Mais si on brade notre vin, on sacrifie le revenu des producteurs et on les condamne à disparaître. Personne ne peut travailler pour rien...
 
     
 

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